La pensée créative
Ou l’art de mettre l’observation au service de l’action.

Je sais que je parle beaucoup de silence mental. Effectivement cela peut porter à confusion et laisser croire aux gens que le silence est une sorte de prérequis ou de finalité, selon les points de vue.
Parce que le mental n’aime pas qu’à comparer, il aime aussi à mesurer. Mesurer sa progression. Il existe d’ailleurs toutes sortes de textes et de vidéos là-dessus qui visent à mesurer votre progression sur le chemin spirituel… 🙄
Hier, j’ai écrit un texte sur FB au sujet de l’association trompeuse qui est faite entre mouvements et Kundalini. Dans ce texte, j’ai parlé de « mental fonctionnel ». Rapidement des réactions n’ont pas tardé à venir.
Oui, je retourne un peu plus sur FB depuis quelques temps. Tout d’abord parce qu’il y a eu la promotion de quelques trucs à y faire. Ensuite, parce que mon auditoire le plus important s’y trouve et que cela me plaise ou non, c’est là que la portée organique de mes textes y est la plus grande. J’aime beaucoup Substack parce que la plateforme favorise l’écriture de plus longs textes et permet de développer d’avantage nos idées. Mais force est d’admettre, après 10 mois d’activité, qu’ici, ce que je véhicule touche et intéresse peu de gens.
C’est ok, je suis habituée de nager à contre-courant et c’est précisément parce que je suis habituée à cela, que je tends à diversifier ma façon de rejoindre les gens.
Bref, si je reviens au sujet principal de ce texte, le mental n’est pas une mauvaise chose, je tiens à le préciser. C’est un outil, un outil précieux qui nous a été donné. Mais comme pour la majorité des outils, il faut apprendre à bien l’utiliser. Ce qui ne nous est pas appris comme humain. Au contraire, nous apprenons pour la plupart, « sur le tas », comme on dit en bon québécois. Pour moi, le Satsang sert beaucoup à ça. Ce n’est pas une méthode magique, de la poudre de perlimpinpin qui fait que la seule présence de celui/celle qui le tient suffise à conduire quelque part. Puisque de toute façon, il n’y a nulle part où aller! C’est un outil qui vous permet d’apprendre à utiliser l’outil. Entre autre choses…
Observer ses processus mentaux c’est hyper intéressant. Tout comme remonter à la source de la pensée. Sauf qu’il est impossible de remonter à la source, sans d’abord comprendre les chemins qui se sont empruntés au fil du temps. Le mental est comme un fil d’Ariane qui nous permet de sortir du labyrinthe des pensées, lorsque nous commençons à l’observer. Cela permet de faire le ménage et le tri de tout ce qui s’y est accumulé au fil du temps.
Dans un monde où l’information surabonde, il faut voir les effets potentiels que l’IA risque d’avoir sur nos processus mentaux. L’IA permet aux gens d’accéder aux informations en un clin d’œil, sans en passer par toutes sortes de recherches. Il devient donc plus important que jamais, d’observer de façon critique notre pensée. La rapidité avec laquelle l’esprit peut prendre toutes sortes de raccourcis, c’est quand même assez hallucinant quand nous nous mettons à observer cela.
Alors, imaginez si l’on vous fournit maintenant un outil qui prend les raccourcis à votre place… Plus besoin de chercher si l’information vient d’une source fiable ou non. C’est peut-être pratique, mais c’est aussi dangereux. Parce que l’IA travaille à partir d’une base de données qui comporte toutes sortes d’informations, y compris certaines qui sont fausses ou pas totalement à jour. J’ai pu personnellement le constater et je ne suis pas la seule. En outre, c’est un outil qui se veut bienveillant, pour ne pas dire complaisant. Elle ne vous guide pas nécessairement toujours vers la capacité de développer un sens critique ou du discernement. Parce que ces deux éléments procèdent du ressenti et qu’aucune IA ne peut vous connecter à cet aspect-là de vous-même.
Bref, l’idée n’est pas de lancer une charge contre l’IA, puisqu’elle possède quand même une certaine utilité, comme tout outil. Le danger c’est de s’en remettre à celle-ci pour penser à votre place, valider vos ressentis plutôt que d’apprendre à avancer en confiance avec ceux-ci. C’est aussi s’en servir pour aller toujours plus vite ou éviter de développer de nouvelles compétences qui seraient peut-être bonnes pour nous.
Sans compter le fait de ne pas être sensible au fait qu’elle enlève du boulot à tout plein d’artistes et que l’art, nous en avons pas seulement besoin pour nous faire du bien, mais aussi pour guérir.
Une société qui ne produit plus d’art, est une société profondément malade.
Les illustrations et textes produits au moyen de l’IA augmentent de semaine en semaine et si cela peut être dû à l’effet de la nouveauté, ne pas faire preuve d’un minimum d’observation et de prudence quant à la direction que prend cette tendance, c’est un peu se mettre la tête dans le sable.
Sans vouloir trop m’éloigner de mon propos, tout ceci je l’écris pour tenter de faire voir que l’humain est une créature qui peut facilement être influencée, de toutes sortes de manières. Et ce qui sera toujours le plus difficile pour lui, c’est de développer une PENSÉE CRÉATIVE.
Donc, l’idée n’est pas de mettre fin au mental, mais plutôt d’être en mesure de se relier suffisamment à notre propre Source, afin que notre pensée devienne une pensée créative. Je ne parle pas ici de manifester ses rêves et ses désirs. J’ai écrit de nombreux textes sur le sujet et si vous me lisez, vous savez ce que je pense de ce volet de la spiritualité qui place l’emphase sur le fait de mettre votre pouvoir créateur au service de vos rêves et désirs personnels.
La pensée créative c’est d’abord et avant tout une pensée qui transforme. Qui transforme notre propre regard, notre propre façon de voir les choses et ensuite, potentiellement celle des autres. Dans la mesure bien sûr où les gens s’intéresseront à ce que vous exprimez.
S’il n’y a pas d’intérêt, malheureusement, il n’y a que vous qui vous transformez.
Mais déjà ça, c’est énorme!
Cependant, quant à ce dernier aspect, il faut savoir être patient. Généralement, les transformation sont comme un caillou lancé dans une mare et elles finissent par produire des transformations tout autour. Faut seulement laisser au temps, le temps de faire les choses.
La pensée créative est aussi une pensée qui génère de la nouveauté, de la beauté ainsi que des retombées qui sont somme toutes positives pour tout le monde et pas seulement pour vous et votre petit bénéfice personnel.
Même lorsqu’elle bouscule et dérange, comme j’aime à le faire ici de temps en temps.
Il est important d’apprendre à nager à contre-courant, parce que c’est souvent à partir de cet espace que procède le changement. Le changement va rarement dans la même direction que la pensée dominante et majoritaire. Il suit rarement les modes et les courants et il est, plus souvent qu’autrement, la voix qui dérange, le bruit dissonant qui vient rompre l’harmonie.
Tant que vous n’êtes pas en mesure d’affronter un minimum d’adversité sans flancher ou vous écrouler, il est très difficile pour l’humain d’entrer dans un mode de pensée qui soit créatif. Parce que les peurs dominent et que lorsque le besoin de sécurité est plus fort que le mouvement de vie qui vous porte vers l’émancipation et l’expansion, vous vous rallierez toujours au groupe et voudrez entrer dans le rang.
Ce n’est pas mal de faire partie du groupe, de suivre les modes ou d’être influencé. Ce n’est pas le point que je veux que vous reteniez de ce texte. Ce texte ne fait qu’installer les bases qui sont requises pour que votre pensée devienne créative. Il installe aussi les bases de fonctionnement du vivant. La vie se passe toujours à l’extérieur de notre zone de confort, pas à l’intérieur de celle-ci. Demeurer dans le connu et la certitude ce n’est pas la façon dont fonctionne le vivant, C’est très facile à voir lorsque nous passons beaucoup de temps dans la nature à l’observer.
Ce que je tente de véhiculer c’est que si vous désirez être en harmonie et en adéquation avec la vie, vous devez sortir du connu et du jeu d’influence dans lequel votre mental finit par se sentir très confortable.
Au point de ne plus vouloir quitter ce confort avec les années.
Penser à contre-courant ce n’est pas une mauvaise chose. C’est seulement voir que la pensée dominante, même celle qui prévaut souvent en spiritualité, ne va pas dans le sens du vivant. C’est faire preuve d’innovation et suivre ce qui est bon pour vous.
Parce que se relier au vivant en nous, c’est cultiver et faire grandir la vie en nous, à travers l’action, l’expression et la pensée.

