Le noeud relationnel
Ou l’art de s’aligner avec nos valeurs profondes
Question très intéressante qui m’a été posée par courriel, je tenterai d’en faire le tour de manière à ce que ce texte soit un peu moins long qu’à l’habitude. Parce que j’ai moins d’espace et de disponibilité à accorder à l’écriture en ce moment.
Mais je ne vous promets rien… 😉
« Je remarque que parfois les gens finissent par s’éloigner, se retirer d’une relation ou rejeter un individu pour les mêmes raisons qui ont fait en sorte qu’ils ont été attiré/e/s par lui/elle. Y a-t-il une raison à cela? »
Il y a plusieurs raisons à cela et toutes les aborder serait trop long. Mais effectivement, c’est un phénomène assez fréquent que j’ai observé dans ma propre vie. Il est souvent arrivé que des gens viennent à moi parce qu’ils étaient attitrés par mon « franc-parler » et mon authenticité. Pour finir éventuellement par se retirer, mettre fin à la relation ou carrément me « ghoster » en raison de ces mêmes éléments. Une vérité de trop, une vérité que la personne ne voulait pas entendre et hop! ils/elles sont disparus…
Cela dit, je ne suis pas la seule dans ce genre de situation et j’ai aussi vu ce phénomène se produire à de nombreuses reprises auprès de proches ou même de la clientèle en accompagnement.
Nous pourrions dire qu’inconsciemment, les gens sont parfois attirés par ce qui leur manque. J’entends par là, par des caractéristiques qu’ils aimeraient pouvoir développer dans leur vie. De côtoyer quelqu’un qui les possède peut être, d’une certaine manière, une source d’inspiration ou une sorte « d’école » qui leur permettra de développer ces caractéristiques.
Ou, au contraire, de parfois voir que c’est inutile et que cela ne leur apportera rien de bénéfique ou de plus. Que ce serait aller contre leur nature profonde.
Dans un cas comme dans l’autre, la relation aura eu son utilité et une fois le but de celle-ci rencontré, la relation ne tiendra plus. Parce que les fondements de celle-ci ne reposent pas sur une réciprocité et un amour sincère mais plutôt sur ce que l’autre pourrait nous faire gagner au niveau personnel. Parfois ça peut même être à d’autres niveaux plus superficiels encore. Au niveau de la carrière, du réseau social, etc.
Ce sont ce que nous pourrions appeler des relations utilitaires et ça, nous en avons tous/toutes eues dans notre vie. Consciemment ou inconsciemment.
Oui, c’est frustrant, décevant et même source de souffrance parfois, de réaliser que les gens sont avec nous pour ce que nous pouvons leur apporter en termes d’avantages ou de bénéfices. Plutôt que pour ce que nous sommes, tout simplement. Prendre conscience de cela peut amener aussi la nécessité de réaligner la façon dont nous voulons entrer en relation et faire de nouveaux choix par rapport à celles-ci.
Ce qui est finalement une excellente chose.
Cela dit, il faut quand même être conscient que c’est pas mal le défi de tout le monde que de tenter d’être ce que nous sommes, sans masque, sans faux-semblants et le plus authentiquement possible.
TOUT EN CONSERVANT LA CAPACITÉ D’ÊTRE QUAND MÊME EN RELATION AVEC L’AUTRE.
La seule façon de réussir cela, c’est en développant nos communications. Y a pas 36 façons d’y parvenir. Parce que l’autre est toujours un univers en soi à rencontrer et que développer une relation sincère et profonde avec quelqu’un ça demande du temps, de la patience, de l’engagement et beauuuuuucoup de communication. Or, malgré cela, malgré cet important investissement, il n’y a aucune garantie. Aucune garantie que cela fonctionne.
C’est souvent pourquoi les gens abandonnent et tendent de plus en plus vers l’isolement. Parce que cela demande des efforts qu’ils n’ont pas toujours le goût ou le temps de faire.
C’est là où nous en sommes rendus en termes de choix comme société et si l’isolement tend à augmenter c’est que le tissu social s’effrite. Si le tissu social s’effrite ce n’est pas par mauvaise volonté des gens mais simplement parce que les gens sont fatigués. Or, lorsque nous sommes fatigués, nous avons moins d’énergie et sommes par conséquent invités à faire des choix.
On peut bien mettre la tendance à se retirer du monde et/ou des relations sur le dos de « l’éveil » qu’il soit individuel, collectif ou même planétaire. Mais la réalité est beaucoup plus simple que ça et surtout moins perchée dans des concepts spirituels qui ne servent au final qu’à renforcer un sens du moi individuel. Que l’on nomme cela conscience ou autrement, c’est toujours l’individu souffrant et fatigué qui récupère cela pour se conforter dans un discours intérieur qui l’empêche d’aller se rencontrer plus profondément. Là où ça gratte et c’est moins confortable.
Lorsque nous parlons de relations, que ce soit la relation que nous entretenons avec nous-même ou celle que nous entretenons avec les autres, c’est toujours une question de choix et de priorités en termes de temps et d’énergie.
À ce moment, il est utile d’observer quelles sont les valeurs profondes qui nous conduisent et nous portent dans l’action. S’agit-il des nôtres ou de celles que nous avons fini par emprunter au fil du temps à d’autres personnes, réseaux d’influence, idéologies ou systèmes de croyances quelconques?
Parce que c’est là que se situe bien souvent le noeud gordien, celui qui fait que nos relations sont celles que nous aimerions vraiment avoir dans la vie, ou non.
À partir de ce moment, ce n’est pas tant de trouver des gens qui partagent nos valeurs que de les comprendre et de les mettre en avant-plan dans nos actions et gestes quotidiens.
Une action alignée emporte généralement des relations qui le seront aussi.


