No Parking
Ou la liste de tous les prétextes à ne pas s'habiter véritablement.
Sur invitation de Johanne.
Un espace… où tu ne peux pas te garer.
Les gens verront d’abord les escaliers.
C’est inévitable.
Parce que la forme capte et attire notre œil en premier.
Mais cet espace, là, entre les deux…
On empêche de l’occuper.
C’est bien affiché: No parking.
Oh, je ne doute pas qu’il y ait d’excellentes raisons. Ce sont probablement des escaliers de secours. Peut-être qu’il s’agit d’une cour arrière où l’on place les bacs à déchets et récupération, etc.
Tant de raisons de ne pas occuper l’espace…
Tant de raisons de ne pas adresser ce vide, cet espace en nous.
Tant de raisons qui nous retournent toujours aux formes.
À ces idées qui nous éloignent de ce qui nous apparaît être un gouffre, une abysse.
À cette répulsion ou cette peur de ressentir l’inconfort ou le mal-être qui peuvent venir avec cet exercice.
Tant de raisons qui nous retournent à d’autres formes.
Les écrans, le scrolling.
Le boulot, les obligations, l’argent.
Le manque de temps.
La consommation, les bons restos, la bouffe et l’alcool.
Les addictions en tous genres, la consommation de médoc et tous ces autres paradis artificiels qui nous coupent de nous-mêmes.
Tout est prétexte à ne pas se prioriser, à ne pas régler nos shits avant qu’il ne soit trop tard.
À ne pas seulement exister, mais vivre.
Tout est prétexte à ne pas s’habiter pleinement.
Nous sommes un espace, un espace d’accueil au vivant.
Mais nous aimons à nous rattacher à l’idée de la forme.
Au corps, à l’identité. C’est plus tangible et concret.
C’est moins vertigineux comme idée que celle de se dire, que nous ne sommes pas véritablement solides. Quelque chose d’assez indéfinissable finalement. Quelque chose de mouvant, de continuellement changeant.
Aussi, nous passons une bonne partie de nos vies à monter et descendre des escaliers.
Les escaliers de nos bas et de nos hauts.



C’est fou comment une image peut nous parler à chacune différemment! Quel exercice fantastique.