Oser la vulnérabilité
Ou l'art du véritable courage.
« La lune de miel avec Substack est terminée ». Cette phrase (ainsi que d’autres du même genre) je l’ai quand même vu passer à quelques reprises dernièrement.
Naturellement. La passion est un feu ardent qu’il est bien difficile d’entretenir seul. C’est épuisant d’être seul/e pour souffler sur les braises. Or, lorsqu’il est question de réseaux sociaux, peu importe duquel il s’agit, il est question de visibilité d’abord et avant tout. Subsidiairement, de connecter et se relier à d’autres personnes aussi parfois. Mais les relations virtuelles sont toutes aussi volatiles qu’éphémères. Elles se font d’échanges occasionnels, qui peuvent parfois être des échanges d’une très belle profondeur. Je l’ai vu et rencontré ici sur Substack. Beaucoup plus que sur les autres réseaux où je suis ou ai été présente. Mais il ne faut pas se leurrer non plus. Les réseaux sont des vitrines commerciales d’abord et avant tout.
D’ailleurs, la plateforme ici ne s’en cache pas non plus. Elle est là pour permettre aux écrivains, journalistes et autres créateurs de contenu écrit, de développer ou maintenir une audience via le système des newsletters. Cela dit, ce n’est pas parce que quelque chose a été créée à une fin bien précise qu’on ne peut pas l’utiliser à d’autres fins. Faut juste être conscient que le niveau d’efficacité s’en trouvera affecté…
De mon côté, j’aime à voir Substack comme un immense journal que nous ouvrons le matin pour y lire nos chroniques et textes préférées. Ou encore, un salon du livre virtuel où nous pouvons nous balader pour lire nos auteurs/trices préféré/e/s ou en découvrir de nouveaux. Comme créateur de contenu, vous pouvez débarquer ici avec une stratégie ou non. C’est à vous de voir. Mais si vous êtes comme moi et n’avez pas réellement de stratégie pour développer votre audience, ne vous étonnez pas et ne vous offusquez pas de voir que plusieurs sont dans une mouvance totalement différente.
Cependant, si vous faites partie de ceux/celles qui ont un objectif et une stratégie bien spécifiques en tête, et bien continuez à faire vos truc et, please, arrêtez de casser du sucre sur le dos de ceux/celles qui font les choses différemment de vous… 🙄
C’est le propre de la volonté personnelle, celle qui pousse, lutte et se débat pour croître, celle qui pense que les choses doivent se faire dans l’adversité, la provocation ou l’originalité, que de passer beaucoup de temps à se comparer. Plutôt que de comprendre que la croissance, c’est quelque chose de naturel et innée en nous, dont il faut juste apprendre à suivre le mouvement. La lutte et le combat sont des mécanismes qui viennent de pair avec la peur. Ici, c’est souvent la peur de l’échec.
Malheureusement, c’est très épuisant que de toujours regarder dans son rétroviseur pour voir s’il y a pas quelqu’un qui essaie de nous dépasser. C’est une forme d’hypervigilance très énergivore. Mais, lorsque nous sommes jeunes, nous avons suffisamment de carburant pour donner dans ces dynamiques et souhaitons nous démarquer. Alors, tout ceci fait partie de l’ordre des choses et il n’y a pas à s’en offusquer.
Seulement à voir comment nous désirons, pour nous-même, gérer tout ça.
Personnellement, j’ai dû recommencer à filtrer un peu. Parce que mon fil commençait à se remplir d’ex-abonnés à X qui aiment à jouer dans la confrontation et la polarisation par des gros constats sans grande intelligence et discernement. Ou des transfuges de Linkedln, qui cherchent continuellement à te convaincre qu’ils possèdent la recette du succès facile. Ou pire, un mélange des deux, comme ce compte que je ne nommerai pas, dont le créateur a décidé de s’improviser grand analyste de la plateforme, avec seulement une centaine d’abonnés. Ce qui lui permet d’essayer de te vendre à la clé, une formation pour te positionner sur les réseaux sociaux à 12 000 euros.
Oui, oui, vous avez bien lu, 12 000 euros!
Ces comptes misent souvent sur une provocation qu’ils déguisent en fausse lucidité et ce genre de créateurs de contenu est très populaire sur X. Un peu aussi sur FB. Ça plaît beaucoup à une certaine clientèle, généralement celle qui n’ose pas s’exprimer trop fort de peur de déplaire. Se cachant derrière ceux/celles qui jappent fort, les adeptes de l’agression passive aiment bien à suivre ce genre de compte.
Mais ici, ça ne lève pas du tout. Ça m’ennuie même profondément tant leurs façons de procéder sont grossières et sans aucune subtilité…
Voilà. Alors, maintenant que je leur ai servi un peu de leur propre médecine, cela me permet également de dresser la table pour le propos dont j’ai envie de vous entretenir aujourd’hui.
Je profite de l’occasion pour remercier les nouveaux abonnés payants de la semaine, ainsi que les anciens bien sûr! Je n’avais pas encore pris le temps de vous souligner ma gratitude. Sachez que je suis vraiment reconnaissante. Reconnaissante de la confiance que vous me faites et du soutien que vous m’offrez. Dans la vie d’un créateur ou d’une créatrice, ce soutien est précieux et important. Que ce soit en payant ou en partageant les textes, toute forme de soutien aux artistes, artisans et créateurs en tous genre est ce qui leur permet de continuer.
Il est important de reconnaître que l’art (au sens général du terme) est fait pour être vu parce qu’il apporte de la beauté dans le monde ou suscite une réflexion chez l’humain qui lui permet d’apporter du sens à son expérience.
Si j’ai commencé mon texte en pointant certaines pratiques que l’on voit beaucoup sur les réseaux sociaux, particulièrement celles qui consistent à jouer du coude pour essayer de faire sa place, c’est pour traiter d’une façon de faire qui est à l’opposé de celle-ci.
Oser la vulnérabilité afin de découvrir ce qu’est véritablement le courage.



